Des livres de Snottneus 

Pour les petits et pour les grands.

Pour la petite fille que je suis encore – parfois – et pour le grand garçon qu’il est devenu. Sa table de nuit est jonchée de livres d’avant et de maintenant, d’histoires et de personnages qui sont gentils et/ou méchants, de grosses poules et de petits lapins, mais aussi de grands camions et autres petits engins à 4 roues. Aujourd’hui, je ressors le thème Belgomums du mois de décembre que j’ai alors brossé, la tête dans le guidon du niveau 4 de la Saint-Nicolas. Un joli thème pourtant, qui nous invitait à partager nos coups de coeurs littéraires – catégorie prime jeunesse.

Comme tous les kets de son âge, le Snottneus aime les livres, qui l’aident à comprendre le monde qui l’entoure et les émotions qui l’étreignent. La lecture n’est pas son occupation de prédilection. Il préfèrera toujours les petites voitures, les gros camions et le long train sur le cirpuit qu’il construit lui même, parfois pendant des heures. Mais le soir venu, après le brossage de dents et le petit pipi, avant le dernier bisous et quand toutes les  voitures sont au garage, peu importe l’heure ou l’état, on y coupe pas : il faut une histoire parfois deux, quand le marchand de sable est en retard.

Des livres, on en a des tas.  Avec beaucoup d’images ou beaucoup de mots, on a même des livres qui chantent et des livres qui grattent. Il y a les livres qui ont la cote et qu’on lit tous les soirs jusqu’à les connaître par coeur avant de passer au suivant. Il y a ceux qui n’ont pas percé et qui attendent sagement sur une étagère. Et puis il y a les classiques – cinq livres qu’on ressort régulièrement, parce qu’ils sont beaux, parce qu’ils sont réconfortants et aussi, parce que l’histoire dure longtemps et que Maman les aime bien aussi, alors elle les lit jusqu’à la fin.

Allez … je vous montre :

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Un bon livre

C’est comme un ami : quand on en a un, on est jamais seul.

C’est ce que ma grand-mère me disait souvent, alors qu’elle entamait ou finissait un de ses livres, compagnons de ses après-midi d’hiver et des trois autres saisons, accompagné d’un Earl Grey au lait et de biscuits qu’elle cachait dans ses poches. Je la vois, je l’entends encore. Je la sens aussi, cette odeur curieusement poudrée qui aurait pu être celle d’un bébé si ce n’était pour la peau tachetée et frippée. Mais toujours aussi douce.

Et comme elle avait raison. Quand on a un -bon- livre, on ne se sent jamais seul. Dans le tram, au restaurant, dans une salle d’attente, le soir dans son lit, le dimanche, dans son canapé, à toutes heures aux toilettes, un livre, son univers et ses personnages accompagnent nos journées et parfois aussi, un petit bout de nos nuits. Qu’ils soient ouverts dans nos mains, fermés sur une table de chevet ou malmenés dans un sac, au fond d’une abysse de brols, les livres sont des acolytes toujours disponibles mais peu exigeants qui ont le pouvoir un peu magique de nous transporter loin de notre réalité et c’est si bon, quand on a besoin de l’oublier, cette réalité, parfois triste, humide et grise comme une deuxième semaine de janvier.

 

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La possibilité d’une vie

Meilleure.

Au mois de novembre, le Beau Gino & moi avons passé 5 jours trépidants à New York. Un séjour urbain, bruyant, animé, illuminé durant lequel on a marché, mangé, bu et parlé. Mais pendant quelques heures, c’est dans un mutisme presque total que nous avons arpenté de vieux bâtiments, jadis à l’abandon, sur une petite île au large de Manhattan : Ellis Island.

Dans l’ombre de la Statue de la Liberté, Ellis Island est le symbole de l’immigration européenne aux Etats-Unis et bien plus encore. De 1882 à 1954, c’est sur ce petit lopin de terre qu’on transité des millions de personnes, d’âges et d’origines diverses, tous en quête d’une vie meilleure. D’une vie tout court. Si loin de la pauvreté, des exactions, de la misère, de la peur, des humiliations, de la famine, de la guerre.

Après plusieurs décennies où les bâtiments n’ont été habités que par les fantômes de ceux qui y ont transité, pour quelques heures ou pour quelques jours, Ellis Island a été restauré puis réhabilité en un superbe Musée de l’immigration et de tout ce que ce mot engendre : l’exil, l’errance, la multiculturalité.

source getty images

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Un siècle en trilogies

Deux trilogies, six livres, une myriade de personnages.

Des vies. Celles de nos arrières grands parents et de nos grands parents. De nos parents aussi. Des vies romancées dans une Histoire pourtant bien réelle, qui s’est déroulée entre 1900 et 2000 : Le 20e siècle, ses guerres, ses évolutions, et dans ce tourbillon, des histoires d’amours, de trahisons, d’espoirs et de déceptions. Des histoires de religions aussi, d’obscurantisme, de fanatisme, de communisme, des ismes en tout genres, constructeurs de l’Histoire et destructeurs d’espoirs.

Je n’aime pas la guerre, peu importe son époque, même si je dois bien reconnaître que c’est un point commun à toutes les civilisations (avec l’oppression des femmes)  mais pourtant, pendant ces deux mois d’été, j’ai été véritablement scotchée à l’histoire de notre siècle, pas celui que nous vivons mais bien celui qui nous a fait, le 20e siècle. Plus exactement, j’ai été scotchée aux livres qui relatent ces histoires, avec un petit ou un grand H, répartis en deux trilogies captivantes.

Bref. Durant tout cet été, le but de mes journées, inavoué, était de me retrouver seule, sans Petit Snottneus, Sans Beau Gino, avec ces quelques milliers de feuilles de papier, qui sont devenus mon amour, ma passion, mon obsession, mon refuge … tout ce qu’on veut. Le soir avant de me coucher, dans le tram, le train, la voiture, bien calée dans mon canapé voire même aux toilettes (l’endroit de repli stratégique par excellence pour les parents de petits snottneus), chaque moment libre était consacré à découvrir les aventures de ces personnages, qui maintenant, me manquent et auxquels je pense encore souvent.

Selon moi, un bon livre, c’est comme une bonne table, ça se partage. Alors s’il n’y a rien qui fait grossir ici, il y a quand même de la vie, de l’amour, de la peine et de l’humour à dévorer des yeux.

Concrètement, ça raconte quoi ?

° Le Siècle
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L’auteur : Ken Follet, qu’on ne présente plus ou alors, juste un petit peu. Il y a quelques années, je pensais que c’était un auteur de polar, du genre de ceux qu’on achète à l’aéroport avant de partir en vacances. C’était avant que je ne lise « les Piliers de la Terre » et sa suite, « Un monde sans fin » … deux livres au potentiel hautement captivant. Ken Follet est auteur gallois, qui donne donc dans les romans d’espionnages mais également dans les romans historiques, pour lesquels il doit faire des recherches colossales au vu des nombreux détails qu’il distille tout au long de ses oeuvres.

Les tomes : « La chute des géants » revient sur la première guerre mondiale, telle que vécue par plusieurs familles, anglaises, allemandes, américaines et russes. On retrouve les enfants de ces protagonistes dans le deuxième tome « L’hiver du monde » dont la trame se déroule 20 ans plus tard, à l’aube du second conflit. Les interactions ne sont pas que géopolitiques, elles sont aussi familiales et amoureuses, pour ne pas dire passionnelles. Le dernier tome « Aux portes de l’Eternité » dont le titre me semble légèrement tiré par les cheveux, vient de sortir en librairie et je suis impatiente de le lire, probablement en compagnie de quelques macarons Ladurée, fraîchement installé à Bruxelles (mais pas aux toilettes, cela va sans dire).20140923-095337.jpg

Mon avis : Comme toujours, chez Ken Follet, il y a beaucoup de personnages et il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver. Heureusement, un petit lexique récapitulatif est prévu en début de chaque livre. Pratique. Mais à force de les rejoindre tous les soirs, on finit par bien situer qui est qui, qui est le fils de qui, qui est amoureux de qui, qui est mort et qui ne l’est pas … bref, vous voyez ce que je veux dire 🙂 J’ai beaucoup aimé les histoires passionnelles entre les personnages. De temps en temps, l’auteur se perd dans des passages diplomatico-géopolitico-historiques qui plairont sûrement à certains mais qui retardent le déroulement de l’intrigue (Mais quand va-t-il embrasser la fille et quand va-t-elle lui dire qu’elle a eu un enfant de lui avant qu’il parte à la guerre ?!?!? Aaaaargh). Cependant, en ce centenaire du début de la guerre 14-18, c’est intéressant d’en apprendre un peu plus sur le quotidien des gens, dans les différents camps. Et si j’étais né en 17 à Leidenstat, sur les ruines d’un champ de bataille …

° Le Goût du Bonheur

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L’auteur : Marie Laberge est une écrivaine canadienne, qui pourrait être la soeur ou la cousine de Ken Follet, parce qu’ils ont un peu le même look, en plus de leur talent commun pour narrer des histoires fleuves avec tout plein de personnages. Elle a beaucoup écrit pour le théâtre mais peut se targuer d’une belle bibliographie romanesque également. Le Goût du Bonheur est son oeuvre la plus connue mais qui date déjà d’une bonne quinzaine d’années, puisque les livres ont été publiés au début des années 2000 (bien qu’écrits dans les années 1990).

Les tomes : L’histoire débute avec Gabrielle, la mère de la famille Miller, composée de 5 enfants, de 2 tantes, 2 cousines et toutes les ramifications que cela suscitera par après. Québec et sa haute société bien pensante des années 30 dans laquelle évolue cette famille peu conventionnelle par l’amour qui l’anime. Dans le premier tome, les choses sont légères et ce n’est que vers la fin qu’elles commencent sérieusement à se corser pour certains personnages. Dans le 2e tome, on suit  à Montréal Adélaïde, la fille de Gabrielle, qui  ressemble tant à sa mère tout en étant plus sauvage et avide de liberté. La seconde guerre mondiale a éclaté et ses conséquences, directes ou indirectes marqueront à tout jamais la famille jadis si heureuse et soudée. Après moult rebondissements, séparations et retrouvailles, parsemées d’amour et de tendresse, on termine ce tome presque essouflé avant d’en finir, plus calmement avec Florent, l’âme soeur d’Adélaïde, son compagnon de vie, son frère, son ami et bien plus encore, dans les années 50 prospères et prometteuses.

Mon avis : Repérée sur le blog de Joy and Love, la trilogie « du bonheur » s’est révelée être un tout gros coup de ❤ littéraire. J’ai été directement happée par l’histoire, les personnages, drôles, énervants, imparfaits et surtout attachants. Ce qui m’a permis de me « mettre dedans » en quelques pages, c’est le style narrateur de Marie Laberge, qui écrit au présent, dans un style très direct, très familier. Pourtant, elle est très forte aussi pour décrire certains sentiments, beaux ou laids, à l’aide de phrases qui se lisent comme du nectar pour les yeux comme par exemple, en parlant de la difficulité d’un deuil « Je ne pouvais pas te dire, il  ya trois mois, que la vie passe et qu’elle prend sur elle le poids de nos peines ». Chacun des tomes possède ses caractéstiques propres, à l’image des personnages dont ils prennent leur titre. Avec Gabrielle, c’était joyeux et réconfortant, avec Adélaïde, c’était passionnel et épuisant, avec Florent, c’était serein et apaisant. Si vous ramez un peu lors des premières pages, accrochez-vous car ces personnages seront vos meilleurs amis pendant les semaines qui suivront. Parcontre, je vous déconseille fortement de lire (ou d’attacher de l’importance) aux résumés qui figurent au dos des livres de poches car ils ne correspondent pas du tout à l’histoire, induisant même le lecteur en erreur.

Voilà les livres qui ont rythmé mon été et qui peut-être, occuperont vos longues soirées d’hiver.

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