Ce qu’il sait de l’enfant que j’étais

Bis repetita.

Il en sait des choses, mon Snottneus, du haut de ses 4 ans. Des choses qu’il observe, des choses que je lui explique, des choses qu’il apprend à l’école et des choses que lui racontent ses grands parents,  fournisseurs officiels de bonbons, de tartines au choco sans les croutes dans le canapé et d’anectodes croustillantes au sujet de sa maman.

Il sait les bêtises, pas toutes. Il sait l’effronterie, un peu. Il voit la ressemblance, quand il regarde les photos encadrées d’une petite fille au cheveux courts, qui lui renvoie son reflet, presque traits pour traits, deux paires d’yeux malicieux qui se font face, separés par un morceau de verre et trentes années lumière.  Il sait qu’il a de qui tenir. Il sait qu’on reste toujours un enfant, même quand on devient grand, ne fut-ce que l’enfant de sa maman, c’est pas pour rien que je le lui répète tout le temps. Il sait tout ça.

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Un calendrier de l’Avent

Comme avant.

Cette année, pour la première fois, on s’est plongés dans la magie de Noël version enfant. Jusqu’alors, et même après la naissance du -plus si- petit Snottneus, ma magie de Noël version grande personne, c’était principalement les agapes et les achats compulsifs chez Dille & Kamille (et les Petits verres de Chartreuse jaune). Avec l’âge, les blocus à l’unif et l’indépendance financière croissant de paire avec ma témérité gustative,  j’avais un peu oublié ce que c’était la vraie magie de Noël, celle de quand j’étais une petite fille (avec, à peu de choses près, la même tête et la même coiffe que le Snottneus). J’avais oublié l’attente, le mystère, les histoires, la chaleur des pyjamas et  du feu de cheminée même s’il y en a eu 5 différentes, des cheminées.

Dans la nouvelle maison, au fond d’une caisse, en dessous de mes belles décorations de Noël, j’avais même oublié mon calendrier de l’avent. Celui qui pendait dans ma chambre d’enfant, celui qui était préparé avec  amour par celle à qui il appartenait avant moi et pour qui il a été patiemment brodé en 1961.

Une calendrier scandinave mais sans design minimaliste, un calendrier danois avec plein d’amour, de souvenirs, de traditions aussi. Un calendrier pleins d’émotions, celles qui nous font regarder en arrière avec serenité et qui nous font aller de l’avant. IMG_0298

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Un souvenir

Les dates. Les codes. Les détails.

Je me souviens de tout. Parfois je confond l’ordre des chiffres mais en général, les petits évènements et les détails insignifiants restent gravés dans ma mémoire. La couleur de sa chemise le soir de notre premier bisou, le prénom de la mère de Dylan MacKay dans Beverly Hills, la plaque de ma première – et inégalée –  voiture, le code bancaire de ma mère, mon numéro de registre national, la date de naissance de tous mes amis et parfois même, de leurs amis, la date du jour où on a visité notre appartement, la tête et le nom de la dame de l’agence (Marguerite, ça ne s’invente pas), le nom de famille de Kelly dans Sauvés par le gong * . Lire la suite

Faire un enfant

Des heures sombres.

Dans mon premier article de 2015, j’aurais voulu mettre des résolutions, peu de choses à arrêter, beaucoup de choses à continuer : raler, fumer, être heureuse. En somme. Il me restait quelques illustrations à peaufiner. En stoemelings, au bureau ou plus tard, avant de rejoindre Morphée (et le Beau Gino).

Et puis, en ce premier mercredi de janvier, l’horreur est humaine, une fois de plus. A Paris, 12 personnes sont abattues à bout portant dans une attaque encore inexpliquée, malgré les conditionnels et autres raccourcis dangereux. Durant toute l’après-midi, on lit, on clique, on réseaute socialement, parce que franchement, ce planning annuel, il peut bien attendre. Attendre qu’on digère, qu’on comprenne, qu’on assimile toutes les informations, écrites ou imagées, qu’on s’émeuve même en faisant semblant de travailler.

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