Une lettre au Père Noël

Cher PPN (Petit Papa Noël)

Bientôt, tu vas descendre du ciel avec des cadeaux par milliers. Tu viendras les déposer par la porte ou par la cheminée, en point relais ou par recommandé. Certains seront petits, certains seront gros mais beaucoup d’entre eux seront emballés, ficelés et étiquetés. Cette année encore, et malgré mes réticences, tes lutins m’ont demandé ce que je souhaite recevoir parce que cette année encore, j’ai été sage et cette année aussi, je crois qu’on peut dire que j’ai été brave. Maintenant qu’elle se termine, je réalise à quelle point je suis prête à en tourner la page, de cette année qui est passée trop vite, trop fort, trop, tout simplement trop. Trop de tout et pas assez de rien. Alors maintenant, c’est de ça dont j’ai envie : de rien. De rien à l’agenda, de l’air dans mes poumons, du vent sur mes joues. Rien, tu comprends ? Parce que je n’ai pas tout mais ce que j’ai, cela vaut tout l’or du monde, toutes les machines à café, tous les bijoux et tous les ustensiles de cuisine. Parce que ce que j’ai, je l’ai déjà en deux exemplaires, un de chaque sorte et chacun de la plus belle qualité. Parce ce que j’ai, ils sont deux aussi et je les ouvre chaque matin, mieux vaut trop tôt que jamais plus. Parce que ce que j’ai, je n’en ai qu’un.  Il est un peu rafistolé mais il bat vite et bien. Si bien qu’il s’accroche encore, qu’il s’accroche toujours lorsqu’il est malmené.

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Ma belgitude

9 ans.

5 jours après le 21 juillet, je fête ma belgitude. Elle est nettement moins vieille que la Belgique mais elle lui ressemble. De prime abord, elle est joviale et bon enfant, festive caméléon, curieux melting pot aux origines diverses qui se rassemblent toutes autour d’une pinte, parfois une 25, souvent une 33. Mais pas que. Elle aime le gin tonic, les vins aux origines lointaines. Elle est tournée vers le monde extérieur et elle s’expatrierait volontiers aux quatre coins du monde. Chez moi, c’est près de ma Stella comme disait la pub. Plutot Jupiler mais on retient le principe. Les petits belges vont partout.

Et comme la Belgique, ma Belgitude est parfois compliquée et difficile. Elle s’accomode mal de ma susceptibilité et de mon impatience. Ou l’inverse. Ça fait plus d’étincelles que tous les feux d’artifices, du nouvel an ou du 21 juillet. Parfois ça fait autant d’effet qu’un petard mouillé. C’est ca la Belgique, c’est ça la belgitude: une multitude. On y trouve des frites mayo et des tartines au fromage blanc, on y trouve Pierre Wynants et désormais Burger King, on y trouve des flamands et des wallons qui s’entendent comme cochons, des bruxellois ethnocentrés protégés par le ring, on y trouve à boire et à manger, du bon et du mauvais. Parfois trop is te veel, parfois on en a jamais assez.

Ma belgitude jure en voiture et zievere au café, ma belgitude a le sens du compromis  et négocie sans cesse avec ses enfants pour avoir la paix, ma belgitude est patriote et un tantinet chauvine, ma belgitude est un rude au coeur tendre, une pastèque, un bisounours avec une barbe de 3 jours. Ma belgitude dit toujours oui pour un bonbon et toujours non pour une histoire. Ma belgitude est un homme. Mon homme depuis 9 ans, le Papa de mes Snottneus, mon adversaire/supporter/lover …mon Beau Gino ❤️

Belgi-nette. 

Un bon livre

C’est comme un ami : quand on en a un, on est jamais seul.

C’est ce que ma grand-mère me disait souvent, alors qu’elle entamait ou finissait un de ses livres, compagnons de ses après-midi d’hiver et des trois autres saisons, accompagné d’un Earl Grey au lait et de biscuits qu’elle cachait dans ses poches. Je la vois, je l’entends encore. Je la sens aussi, cette odeur curieusement poudrée qui aurait pu être celle d’un bébé si ce n’était pour la peau tachetée et frippée. Mais toujours aussi douce.

Et comme elle avait raison. Quand on a un -bon- livre, on ne se sent jamais seul. Dans le tram, au restaurant, dans une salle d’attente, le soir dans son lit, le dimanche, dans son canapé, à toutes heures aux toilettes, un livre, son univers et ses personnages accompagnent nos journées et parfois aussi, un petit bout de nos nuits. Qu’ils soient ouverts dans nos mains, fermés sur une table de chevet ou malmenés dans un sac, au fond d’une abysse de brols, les livres sont des acolytes toujours disponibles mais peu exigeants qui ont le pouvoir un peu magique de nous transporter loin de notre réalité et c’est si bon, quand on a besoin de l’oublier, cette réalité, parfois triste, humide et grise comme une deuxième semaine de janvier.

 

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Merci 2015

Hey toi, avant de partir … Oui, toi, avec tes valises :

Je sais, tu n’es qu’un concept abstrait, tu n’as pas trop l’habitude qu’on te parle et encore moins qu’on te tutoie. Je te rassure, moi non plus je n’ai pas l’habitude de parler aux années, pas plus qu’aux mois et aux jours. Parfois un peu aux nuits. Mais ce soir, ton avant-dernier soir, j’ai envie de t’apostropher, de t’interpeller et puis aussi, de te remercier.

On ne s’est pas trop parlé à tes débuts, j’avoue que je n’avais rien à te dire. L’année qui t’a précédée m’a plutôt déçue, j’ai eu l’amère impression d’avoir fait un tour sur moi-même et de me retrouver à la case départ. J’ai donc préféré t’ignorer. A trop attendre des autres, on est forcément désappointé. Faut dire aussi que t’as pas super bien commencé et, sans vouloir être vexante, à maints égards, tu t’es même empirée. C’est pas moi qui le dit, c’est le monsieur tout sérieux dans la télé.

Mais au mien, d’égard, tu as été surprenante et généreuse. Oh tout n’a pas été rose, tu as été rude avec tant de gens, nos amis, leurs amis ou des inconnus. Je ne pense pas que tout le monde gardera un bon souvenir de toi, tu t’en doutes bien.  Mais ce soir, alors que je contemple mes 9 meilleures photos de mon compte Instagram en 2015, comme tant d’autres,  j’ai cependant bien envie de te remercier pour ce que tu m’as apporté.IMG_0578

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