Le sein donné

Voué.

Il y quelques temps, j’ai dit que j’écrirais un article sur l’allaitement. J’ai même dit que je l’écrirais en septembre. Puis j’ai dit que je l’écrirais en octobre. Puis je n’ai plus rien dit du tout.

Il y a quelques temps, j’étais l’unique source d’alimentation de la Petite Snottneuse, de ma toute petite fille, un petit pois de 2,5kg, que j’ai fabriqué et que j’ai fait grandir, grâce à ce corps que je n’aime pas trop. Ce corps qui craque, ce corps qui pend, ce corps qui se frippe. Ce corps qui a fabriqué presque tout seul deux êtres humains. Ce corps qui a nourri, presque tout seul aussi, à quatre ans d’écart, deux nouveaux-nés, deux spaghettis, pour les transformer en chérubins joufflus.

Il y a quelques temps, j’ai l’impression que c’était il y a si longtemps et en fait non. C’était l’été dernier et même si depuis lors, la petite Snottneuse affonne ses biberons, j’ai quand même envie de l’écrire, cet article sur l’allaitement.

Parce que j’ai allaité le Snottneus pendant 7 mois et la petite Snottneuse pendant presque 5 mois. Parce que j’ai adoré donner le sein mais surtout parce que je pense qu’il y a des i à pointer et des pendules à régler. Ce n’est que ma propre expérience, je ne suis ni sage-femme ni médecin et tout au long des phrases qui suivent, je m’efforcerai d’écrire à la première personne du singulier. Durant mes deux grossesses et encore après, j’ai trouvé beaucoup de réponses et d’éclaircissements sur de nombreux sujets liés à la maternité en lisant les témoignages variés et détaillés des blogueuses.  A mon tour aujourd’hui de partager mon expérience et de tenter de démystifier certaines questions autour de l’allaitement.

La question de l’envie

J’ai toujours dit que l’allaitement, c’est comme le baptême à l’unif. Si on le fait à contrecoeur, ça ne vaut pas la peine. On peut essayer mais dès qu’on sent la contrainte, il faut arrêter. Il vaut mieux un lait en poudre et des parents sereins que du lait maternel et des parents sur les nerfs. Chez moi, le choix de l’allaitement a été motivé par deux choses : l’aspect pratique (pas de vaisselle) et l’aspect émotionnel (le maintien du lien exclusif avec mes bébés). Je pense que le lait en poudre est aussi bon que le lait maternel, en termes de vitamines, de nutriments, d’acidité. Il est même parfois meilleur que le lait maternel, car plus facile à digérer et plus adapté aux besoins de certains bébés.

C’est déplorable de blâmer les femmes qui choisissent d’emblée de ne pas allaiter. Même insidieusement. C’est déplorable aussi de moquer celles qui choisissent d’allaiter, peu importe la durée, surtout si c’est pour conseiller de donner du lait d’un autre mammifère à la place. Ces moqueries, même gentilles, je les ai ressenties dans mon entourage, pour la petite snottneuse mais surtout pour le Snottneus, que j’ai allaité plus longtemps. J’ai décidé d’essayer l’allaitement et de voir ce que mes enfants en penseraient. J’ai décidé aussi parfois de me mettre la pression, de m’accrocher, de stimuler ma lactation, de surmonter les mastites, de m’organiser pour pouvoir allaiter le plus longtemps possible, notamment après la reprise du boulot. Tout le long, ca n’a été que mon choix et celui des Snottneus. La question de la qualité du lait ou n’importe quel autre argument n’est jamais rentré en ligne de compte . Et d’ailleurs, les Snottneus ne sont pas plus exemptés de microbes et de snottes que les bébés qui ont été nourris au lait en poudre. Qu’on se le dise !

La question du lait

J’ai lu sur les sites internet des associations pro-allaitement que toutes les femmes ont du lait et que tout est une question du mode d’expression du lait (la traite, pour faire clair). Je ne pense pas que ce soit vrai. Je crois que certaines femmes n’ont pas beaucoup de lait, voire pas du tout et que c’est tout simplement physiologique, comme certaines femmes ont beaucoup de cheveux et d’autres moins (voire pas de cheveux du tout, dans des cas plus rares). En ce qui me concerne, je n’ai pas beaucoup de cheveux, mais j’ai énormement de lait. C’était évidemment ce facteur là qui a le plus contribué à la réussite de mon allaitement même si trop de lait n’est pas idéal non plus. En outre, lors des baisses de lactation, j’ai stimulé ma production en buvant beaucoup d’eau et moultes tisanes au fenouil. Pour découvrir il y a quelques mois que la petite Snottneuse déteste les panades de fenouil.

La question de la liberté

En discutant avec mes amies, la question de la liberté est souvent revenue.  Pour toute une série de raisons, dans les semaines qui ont suivi mes accouchements, j’ai n’ai pas ressenti l’envie de me séparer physiquement de mon bébé pendant plus d’une ou deux heures. Dans la mesure du possible, j’allais partout avec eux. Chez des amis, au restaurant, en ballade … j’ai allaité partout grâce à une cape d’allaitement très pratique (j’aborde la question du matériel plus loin), qui m’a permis de respecter ma pudeur, celle des autres et aussi de garder le Snottneus, super distrait, concentré sur son repas. Allaiter ne nécessite pas forcément de rester cloîtrée chez soi avec son nouveau-né.

Dès ses 3 mois, le Snottneus a passé des nuits chez ses grands parents, avec du lait que j’avais tiré, bien équipée d’un tire-lait, de chauffe-biberons et de biberons à tétine ergnomique. Avec le Snottneus, je tirais mon lait, parfois plus que nécessaire pour constituer des stocks de lait maternel. Avec la petite Snottneuse, je n’ai plus eu la patience (et l’énergie) de faire ça. J’ai donc opté pour l’allaitement mixte, qui consiste à donner de temps en temps du lait en poudre. Pour pouvoir me reposer, m’absenter sans craindre de l’affamer ou tout simplement boire de l’alcool sans trop me modérer (j’aborde aussi la question de l’alcool par après ). Elle n’a pas encore dormi sans nous, enfin, sans moi mais c’est au programme des vacances de Noël. Avec des draps amidonnés et des massages par milliers, pour ceux qui ont suivi l’article précédent 😉

De cette manière j’ai pu mener mon allaitement sur le long terme, tout en restant sereine et saine d’esprit. A certains moments, j’ai pu également passer le relais au Beau Gino qui a donné des biberons de lait tiré. Le tire-lait m’a donc permis une certaine liberté mais j’ai du respecter une contrainte, celle de tirer mon lait régulièrement, même en l’absence de mon bébé, afin d’éviter l’engorgement (au début) ou la baisse de lactation (une fois l’allaitement bien installé). Si ce n’était pas possible de le conserver, il m’est arrivé de jetter le lait dans les toilettes et notamment  dans les toilettes d’un bar karaoké de Bruxelles, à 3h du matin – (un tire-lait manuel ne prend pas beaucoup de place dans un sac à main).

La question des seins

Je n’ai plus les seins de mes 20 ans,  fermes, ronds et un peu insolents. Non, c’est certain. Je n’ai plus grand chose de mes 20 ans, pour être honnête. La vie au sens propre, m’est passée dessus, m’est passée dedans et j’en suis très heureuse. Oui, mes seins pendent plus qu’avant, ils sont nettement moins fermes. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils sont abîmés, mais c’est vrai qu’ils ont été malmenés, surtout avec la petite snottneuse, pour qui  j’ai vécu plusieurs engorgements et deux mastites (inflammations du sein, assorties de fortes fièvres). Comme tout le reste de mon corps, mes seins portent les traces de mes deux grossesses et je n’aurais pas voulu renoncer à mon expérience d’allaitement pour maintenir leur hypothétique fermeté. Je n’ai pas grand chose à dire sur les crevasses car j’ai eu la chance de ne pas en souffrir. On m’a toujours conseillé de masser mes tétons avec de l’huile d’amande douce, ou avec mon propre lait, de manière préventive pour éviter l’apparition d’une crevasse.

Concernant les mastites,  dès l’engorgement, j’ai mis la petite Snottneuse au sein non plus à sa demande mais à la mienne. Temporairement, il n’y avait plus de rythme qui tenait. J’ai évité de tirer mon lait, pour ne pas stimuler davantage la lactation et lorsque la situation dégénérait et que la fièvre se faisait sentir, je rappelais la Maternité pour savoir quoi faire. En entendant certaines amies mal conseillées qui ont du souffrir d’abcès douloureux, je suis contente de n’avoir souffert « que » de fièvre. Je n’ai jamais hésité à rappeler l’hôpital pour avoir des conseils par téléphone. En ces temps de surpopulation dans les milieux hospitaliers, les sages-femmes préfèrent donner des conseils par téléphone que de voir arriver des patientes supplémentaires dans leur service.

La question du reflux

Cette question ne s’est posée que pour la petite Snottneuse. Le reflux, je savais que ça existait, mais le Snottneus n’en a jamais souffert. Nous avons donc été totalement désemparés devant les pleurs de la petite Snottneuse et il m’a fallu du temps pour comprendre que je faisais tout à l’envers pour soulager ses pleurs, qui nous ont fendu le coeur pendant des semaines. Encore maintenant, je m’en souviens comme une période confuse durant laquelle j’ai obtenu très peu de réponses et beaucoup de suppositions. Malgré un cocktails de solutions, et avec le recul, je pense que c’est finalement le temps qui a arrangé son bidon et non les multiples remèdes mis en place, qui l’ont soulagée certes mais aucun sans grande efficacité. Parmi ces remèdes :

  • une alimentation drastique : pas de crudité, pas d’alcool, pas de jus, pas d’épices, pas de choux, pas de tomates (donc pas de ketchup), pas de produits laitiers, pas de thé, pas de café, pas d’ail, pas de chocolat…. bref RIEN ! Cette période a été très dure pour moi, d’autant qu’on a pas vu de résultats flagrants et au moindre écart, je me suis demandée si c’était les 4 grammes de fromage râpé que je m’étais autorisée sur mes pâtes ou le café auquel j’avais succombé après une nuit de 30 minutes. En outre, allaiter demande d’avoir de l’énergie et provoque souvent des fringales. Ce qui explique ma passion estivale pour les meringues 🙂
  • les diverses médications prescrites par le pédiatre : gaviscon, infacol, oméoprazol (le médicament le plus débile du monde – ou comment faire avaler 50 microgranules à un bébé de 6 semaines qui ne comprend pas l’usage de sa langue) – je n’ai constaté aucun effet de ces médicaments, ni dans longueur, ni lors d’une crise de pleurs.
  • le portage en écharpe : le remède miracle mais épuisant. Honnie par le Snottneus, cette écharpe Babylonia que je n’aimais pas trop non plus, nous a pourtant sauvé la vie. Je l’ai eue quotidiennement sur moi pendant tout le mois de juin et une bonne partie du mois de juillet. Lors de crises de pleurs, le matin, le midi, le soir et même parfois la nuit, j’y ai baladée mon petit pois en accentuant la flexion des genoux. Je pense avoir marché une bonne centaine de kilomètres dans mon salon. Efficace donc mais un peu fatiguant
  • la chaise haute Stokke Steps : contre toute attente, le baby-set de la chaise Steps de Stokke, qui nous a été gracieusement offert pour la naissance de la Snottneuse et que j’avais un peu oublié dans sa caisse en carton, s’est relevée être un formidable relais de l’écharpe. Inclinée bien droite, à notre hauteur (contrairement à un relax classique), on y a posé Sasha après chacun de ses repas et encore maintenant. Bref, ce fut la révélation (et personne ne m’a demandé de le dire, c’est spontané et authentique).

Finalement, je pense que c’est le temps qui a joué en notre faveur. Durant le mois de juillet, les choses sont calmées, les premiers et timides sourires ont fait leur apparition pour ensuite laisser la place à  de francs éclats de rire. Depuis lors, elle régurgite toujours mais sans douleur et surtout, elle pousse comme une mauvaise herbe. Le reflux est désormais un mauvais souvenir et je pense qu’un jour, j’aurai presque oublié. C’est une épreuve difficile à vivre avec un nouveau né, qu’il soit allaité ou pas et surtout ça peut durer bien plus longtemps que 3 mois. Petite pensée émue pour tous les parents qui le vivent pour l’instant, je sais comme c’est épuisant, physiquement mais moralement également. Je me souviens de l’angoisse ressentie dès que je l’entendais pleurer ou simplement faire signe de se réveiller, ne sachant pas si cela allait durer quelques minutes ou quelques heures.

La question de l’alcool

Bon, c’est ici qu’il est pertinent de rappeler que je ne parle que de mon expérience, que je ne suis pas médécin ni gynécologue (mais j’écoute réligieusement la mienne) et aussi que mon but n’est pas de créer un débat sans fin ni de m’exposer aux jugements de valeur de qui que ce soit. Non, je donne mon avis, mon vécu et puis chacun(e) fait ce qu’il en veut. Un tout petit peu pendant mes grossesses et un peu plus durant mes allaitements, j’ai bu de l’alcool. De la bière et du vin. Pas d’alcools forts. J’ai lu avec un certain malaise les campagnes d’information, notamment sur des blogs français visant à dénoncer la consommation d’alcool pendant l’allaitement. C’est un des arguments qui revient souvent pour ne pas allaiter : l’envie de boire un verre, ou plusieurs voire même toute la bouteille. Ca m’a gèné parce que j’ai trouvé ça radical, peu nuancé et surtout un bel écran de fumée pour toute une série de substances vraiment nocives pour notre santé et celle de nos enfants mais dont on abreuve les femmes allaitantes : produits cosmétiques, produits de soins pour les enfants, langes fabriqués à base de pétrole (eh oui, Pampers, pour ne pas les citer) – le secteur des biens de consommations courantes spécifiques à la maternité propose sans vergogne toute une série de produits à la composition plus que douteuse qui peuvent avoir un impact à long terme sur le développement des bébés ou simplement sur l’envionnement dans lequel ils vont grandir.  Et ça peu de gens en parlent. C’est pas très poétique, mais ça me gonfle.

Dès que j’ai pu espacer les tetées de plus de 4h et que des semblants de nuits se sont dessinés, je me suis autorisée ici et là, un verre de vin ou une bière. Il m’est arrivé de boire plus que ça,  à des mariages et avant cela, à enterrements de vie de jeune filles ou simplement en vacances, sans faire attention à l’heure de la tétée suivante. Dans ces cas-là, je ne me suis pas pris la tête : j’ai sorti le biberon et le lait en poudre, pour ensuite tirer mon lait, que je ne conservais pas. Cette manière de faire a été discuté autant avec ma gynécologue qu’avec mon pédiatre, qui sont tous les deux de la vieille école, un peu plus détendue que la nouvelle sur certains aspects (et je ne vous parle pas des huîtres, des sushis et du roquefort pendant mes deux grossesses 😉  )

La question du matériel

Pour deux allaitements réussis, je me suis équipée en conséquence. Je n’ai pas regretté mes achats, qui ont d’ailleurs fait le tour de mes copines avec pas mal de succès :

  • des coussinets d’allaitement (vital, à avoir tout le temps sur soi pour éviter des situations très gênantes)
  • une cape d’allaitement. J’ai acheté la mienne sur Etsy et je l’adore surtout pour sa baleine, qui permet de voir le bébé et de lui laisser quand même un peu d’air
  • Un ou deux tire-lait. Pour un allaitement long terme, j’ai aimé avoir d’une part, un tire-lait manuel, pratique à emener partout (marque AVENT, très confortable) et un tire-lait électrique (marque MEDELA, la rolls royce des tire-lait), notamment lorsque j’ai tiré mon lait au boulot
  • un biberon ergnomique pour faciliter l’alternance sein-biberon. J’ai opté pour les biberons Close to nature de la marque TOMMEE TIPPEE
  • Du lait en poudre en dosette individuelle. Malheureusement, c’est difficile de trouver des conditionnements indivuels dans les petites marques bio. J’ai donc pris l’Omneo pour le Snottneus et le NAN Anti-regurgitations pour la petite Snottneuse. Cela permet de ne pas devoir acheter une énorme boîte.
  • Des pots de conservation (qui maitenant nous servent de boîtes à collation)
  • Un chauffe-biberon, puisqu’on ne peut pas réchauffer le lait maternel au micro-onde.
  • Des vitamines. J’ai continué à prendre mes vitamines de grossesse (en l’occurence, les Omniobionta mais je pense qu’elles se valent toutes).

Le mot de la fin

Il est temps de mettre un terme à cet article fleuve. Ce n’est pas dans mes habitudes d’écrire d’aussi longs articles mais ce sujet me tient particulièrement à coeur, pour ne pas dire à corps. L’allaitement a été une source de plaisir et de plénitude pour moi et j’ose croire, pour les snottneus également. Il m’a permis de tisser des liens exclusifs avec une petite snottneuse que je ne comprenais pas bien, alors que la dépression post-natale rodait autour de notre fragile équilibre.

Le sein, ce n’est pas tout, ce n’est pas rien mais si on veut, le sein, c’est vraiment bien.

p.s. : des questions ? n’hésitez pas à me laisser un commentaire ou m’envoyer un petit mail, j’essayerai d’y répondre du mieux que je peux.

11 réflexions sur “Le sein donné

  1. Merci pour cet article qui sera utile à plus d’une jeune maman, à commencer par moi. 3 mois d’allaitement exclusif ici et l’envie que ça dure même à l’approche de l’entrée en crèche dans un mois et demi. J’ai très envie de passer à l’allaitement mixte mais je redoute plus que tout un retour en fanfare du reflux (parenthèse, de l’omeoprazol en granules ? quelle galère, chez nous c’est en sirop à la seringue et ça a changé nos jours et nos nuits), même s’il est prévu de passer à un lait en poudre sans PLV. Croisons les doigts.
    Merci d’adopter toujours ce ton léger et le recul nécessaire, c’est un vrai plaisir de te lire.
    Passe une belle journée 🙂

    1. Oh bin ça alors ! J’attéris sur terre : l’oméprazol est disponible en sirop ?! Notre pédiatre nous a prescrit un version en granules, qu’il préconisait d’administrer avec du jus de fruit. Véridique. Je pense que chaque enfant a besoin de sa solution, comme pour tout le reste de sa vie d’ailleurs et c’est tant mieux. Bon courage pour le début de la crèche et l’allaitement mixte, c’est une nouvelle page qui s’ouvre 🙂 Merci de me lire et j’en profite au passage pour te retourner le compliment. Doux weekend illuminé !

  2. Coucou, merci pour ce très joli article illustré par des photos toutes douces, qui vont bien dans le contexte ❤ J'en suis à mes 8 mois d'allaitement, et pour moi aussi, c'est beaucoup de bonheur. Je me permets simplement de nuancer certaines affirmations : le lait en poudre est aussi bon voire meilleur que le lait maternel, c'est faux, c'est même écrit sur toutes les boîtes de lait maternisé. Ensuite, il y a un gros problème en France, dont j'ai fait l'expérience et également beaucoup d'amies à moi (pas moins que 5 cette année) : on leur fait croire qu'elles n'ont pas beaucoup de lait, donc elles passent à un allaitement mixte… et finissent par rater leur allaitement (car le bébé va préférer le biberon, et les seins ne seront pas assez stimulés). Donc si les sites tels que la Leche League disent que pratiquement toutes les femmes ont assez de lait, c'est justement pour éviter ce genre de problème. J'ai une double nationalité, et je peux donc dire que c'est un problème typiquement français que de le croire, et beaucoup de femmes loupent leur allaitement à cause de ces croyances. Après je suis tout à fait d'accord avec toi : chacun fait ce qu'il veut, c'est un choix très intime et il vaut bien mieux un bébé au lait maternisé heureux qu'un bébé qui tète une maman mal à l'aise. 🙂

    1. Coucou Charlotte, merci à toi de m’avoir lue. Tu fais bien de nuancer. Quand je dis que parfois le lait en poudre est meilleur que le lait maternel, c’est dans une vue d’ensemble. La fatigue de la maman, les problèmes de reflux, les tensions que cela peut causer. Je suis assez d’accord avec le constat que tu poses mais malheureusement c’est difficile pour les femmes de prendre du recul avec le contexte ambiant. Je le vois avec ma propre expérience, je n’ai pas rencontré beaucoup de soutien au sein de mon entourage (le jeu de mots n’est pas fait exprès 😉
      Et pour l’allaitement mixte, il est vrai que j’ai beaucoup de chance car les snottneus sont passés sans souci du sein au biberon et puis du biberon au sein. Mais je savais en donnant pour la première fois des biberons (de lait-tiré puis de lait en poudre) que je prenais le risque de ne pas pouvoir revenir au sein. Merci ta contribution et bon weekend ❤

  3. Un article dans lequel je me retrouve un peu, beaucoup,à la folie… avec des différences parce que chez moi c’était des jumelles prématurées à allaiter (9 mois avant l’introduction du lait en poudre). Une grande histoire d’amour (et de haine parfois) avec mon tire-lait, des moments de découragements et de fatigue MAIS énormément de satisfaction personnelle d’avoir pu profiter de ces instants magiques avec mes poulettes, en binôme ou en trinôme selon les besoins du moment.
    PS: chez nous l’omeprazole, ca fait mitraillette!

    1. waouhou ! Bravo d’avoir allaité des jumelles pendant 9 mois – On le dit peu mais même si c’est un plaisir d’allaiter, c’est également un effort, multiplié par deux en ce qui te concerne. Je te rejoins sur la satisfaction personnelle. J’ai tendance à me dévaloriser souvent mais quand j’y pense, je suis assez fière de cette expérience. A bientôt, bisous

  4. Merci pour cet excellent article !! Je découvre en même temps ton blog et je sens que je vais avoir de la lecture intéressante… Je pars déjà en fouille pour trouver cette fameuse cape d’allaitement que tu évoques ! Bref, merci bcp pour ce témoignage décomplexant et si positif ! J’espère réussir mon allaitement, dans quelques mois, et quoi qu’il en soit j’essaierai d’adopter ton attitude positive vis-à-vis de la situation.

    1. Merci pour ton retour ! Ca me fait plaisir. Tu sais, pour ce qui concerne l’allaitement, l’accouchement et la maternité en générale, j’ai pu constater ces quatre dernières années qu’au plus je prévois, au moins les choses se passent comme prévu. Alors maintenant, je prends les choses comme elles viennent et je m’adapte en fonction de la situation, en essayant le plus souvent de rester positive et relative. Pas toujours, mais le plus souvent. A bientôt, bisous

  5. Très chouette article! C’est bon de lire des articles sur l’allaitement qui ne culpabilisent pas, ni dans un sens, ni dans l’autre!
    Je confirme qu’en effet, toutes les mamans n’ont pas assez de lait, voire pas de lait du tout, ou si peu, et ce quelque soit les techniques pour tenter d’augmenter la production. C’est rare, méconnu, difficile à vivre et tout autant difficile de trouver un véritable soutien et des réponses claires auprès des professionnels… Je parle en connaissance de cause, malheureusement. Accepter de ne pas pouvoir nourrir son bébé est très difficile, la confiance en ses capacités de maman en prend un sérieux coup, mais j’ai malgré tout eu le plaisir de pouvoir le nourrir au sein pendant plus de 4 mois, avec du lait maternisé, à l’aide d’un dispositif d’aide à l’allaitement (merci Medela!). C’est un peu plus de manip pour installer le tout, mais on prend vite le pli.
    Et je te rejoins tout à fait par rapport à ton dernier commentaire: les choses ne se passent pas du tout comme on les prévoit, la meilleure attitude à adopter est d’accueillir ce qui vient, avec plus ou moins de facilités selon la situation.

    1. Merci de m’avoir lue ! Tu m’intriques avec ton dispositif ! Ca doit être genial pour les mamans qui n’ont pas de lait ou pas assez, car indépendamment du débat sur le lait maternel, c’est aussi le contact physique qui est bénéfique pour le bébé et la maman aussi ! À très bientôt bisous

      1. Voici le dispositif en question: http://www.medela.be/fr/allaitement-pour-les-meres/produits/alimentation-au-lait-maternel/systeme-de-nutrition-supplementaire
        ça peut être utilisé dans beaucoup de cas, très différents, pas de lait (notamment en cas d’adoption d’un nourrisson), ou pour permettre de relancer la lactation par exemple.
        Au début, ce n’est pas forcément évident d’accepter de devoir recourir à un tel artifice, mais quel plaisir ensuite de pouvoir partager ces moments avec son bébé, malgré ce sein qui fait défaut!

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