Bruxelles, si belle et si l’aide

Coule le sang.

Comme il a coulé à d’autres endroits du Monde, dans un fracas assourdissant, suivi de cris, de pleurs, de surréalisme mais pas le belge qu’on aime tant. Un mardi matin comme les autres, après avoir mangé ses couques et bu son kawa, après avoir berdelé sur le ciel gris, Bruxelles la belle se l’est pris en pleine face, le ciel. Un gros boum sur la tête, un grand boum dans les coeurs, à sa sortie et dans ses entrailles, dans nos trippes à nous tous, les bruxellois de souche, de coeur, d’adoption, les résidents et les transitants.

C’est moche, ce qu’on a fait hier à Bruxelles. La belle est sérieusement amochée, hébétée et lacérée de haine cloutée. Et pourtant elle n’est pas moche, ma ville. N’en déplaise à Monsieur Q. n’en déplaise aux Monsieurs K., Bruxelles est toujours belle, elle l’est même davantage. Car oui les coeurs sont lourds, ils sont étreints par la peur et l’inquiétude. Oui, nous avons le coeur gros mais nous avons aussi le coeur haut. Si les terroristes ont le sang de Bruxelles sur les mains, les Bruxellois eux, ont la main sur le coeur et le coeur sur la main.

C’est laid, ce que l’humanité peut produire parfois. Dans quelques semaines, Bruxelles comptera une petite Snottneuse de plus. Alors que la vie grandit si lentement dans mon ventre, elle s’est arrêtée soudainement et brutalement pour des dizaines de personnes, elle s’est déchirée pour des centaines d’autres. Mettre au monde mais dans quel monde, de fous, de merde, de brutes ? Je m’étais déjà posé la question pour Charlie, j’y avais répondu par l’Amour inconditionnel.
Hier, ce n’était pas Paris, ce n’était pas Londres ni Madrid, ce n’était pas New York, ce n’était pas Istanbul ni Bagdad ni Alep. Ce n’était aucune de ces villes plus ou moins lointaines. Hier c’était ma ville, mon décor, mon hall de départs, mes souvenirs et mes trajets. Hier j’ai compris que ma ville, même blessée, apeurée, atterée n’était pas laide, hier j’ai vu que ma ville est l’aide personnifiée, villifiée si je peux me permettre le néologisme.

C’est si laid, ce qu’une poignée de fanatiques peuvent faire avec quelques produits chimiques et un mode d’emploi trouvé sur internet. Mais c’est si beau, ce que des centaines de personnes peuvent faire, avec ou sans uniformes, avec professionnalisme, sang froid et courage. A genou près d’une victime, derrière un ordinateur ou un micro, avec un bistouri, des mots ou un pinceau, avec le coeur sur la main et la main sur le coeur.

C’est ça la vie sur terre, mes enfants. C’est quelques personnes qui détestent. Chacun à leur façon. Et c’est beaucoup de personnes qui aiment, qui aident, qui tiennent bon, chacun à leur façon aussi. C’est ça la vie à Bruxelles, un capharnaüm embouteillé, un melting pot engorgé, un foutoir mal géré.

Une ville aussi belle que l’aide.

 

 

 

ps :  Je ne sais pas qui va lire cet article, mais j’ai envie de dire ici mon infinie reconnaissance aux pompiers, aux policiers, aux militaires, aux médecins, et aux infirmiers, aux sécouristes, aux fonctionnaires, aux bruxellois, aux belges mais pas que, aux gens de et à Bruxelles, à tous ceux qui ont tendu une main, professionnelle ou non, qui ont ouvert une porte, porté un brancart, écrit un communiqué, dessiné du reconfort. Merci de vous battre pour faire gagner la vie et l’espoir.

 

Une réflexion sur “Bruxelles, si belle et si l’aide

  1. Moi j’étais derrière le micro mais je me suis pourtant sentie bien impuissante…
    Tes mots à toi sont jolis et si doux qui’ls aident eux aussi, comme toutes ces belles personnes de Bruxelles et d’ailleurs…
    Alors oui, un seul cri de ralliement : Tenir bon !

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