Un amour Capitale

1000 pièces.

Un soir de Saint Valentin, le Beau Gino & moi, on a entrepris de recoller des morceaux.  Après le dîner et avant le dessert, on a fait table rase pour y échouer une miriade de pièces, certaines très explicites, d’autres plus mystérieuses et on a commencé à décortiquer les quartiers de Bruxelles.

Une ville en mille morceaux de carton. Littéralement. Une ville a reconstruire, à réparer, à découvrir, à reconnaître. Une ville à aimer. Et qu’est-ce qu’on l’aime, Bruxelles. On en a vu d’autres, des villes, lui beaucoup, moi un peu moins mais des comme elle, il n’y en a qu’une et elle est sous nos pieds. On s’est promis qu’on ne la quitterait jamais, même si ça nous coûte, même si parfois on rêve d’ailleurs, on regarde dans les prés verts d’outre-ring en s’imaginant une vie sans tram, sans embouteillages, sans pakis, aussi. img_1204Aimer une ville, c’est un peu comme aimer une femme, comme aimer un homme. Parce qu’on peut l’aimer très fort, parce qu’on peut lui parler, la parcourir, la toucher, continuer à la découvrir, malgré les années. Avec une ville on peut avoir des nuits plus belles que les jours ou des jours qui ne cedent rien à la nuit. Et comme quand on aime depuis longtemps et pour encore longtemps,  on peut s’enfermer dans la routine, on peut se décevoir, s’enerver, se méprendre. L’amertume se glisse aussi dans les jours de l’Amour, parce qu’une ville, comme un homme, comme une femme, on peut l’aimer très fort mais au contraire d’un enfant, on ne sait pas l’aimer de manière inconditionnelle.

Ces derniers temps, c’est laborieux d’aimer Bruxelles. Elle s’effrite, elle s’essoufle. Ce n’est pas uniquement de sa faute mais ce n’est pas que celle des autres. Elle devient compliquée, taciturne, c’est difficile de l’atteindre. Mais quand on parvient à trouver un moment pour nous, parfois sans les tracas du quotidien ou bien dans le renouvellement réconfortant de la routine, sous son masque de grisaille, de pollution et de mauvaise gouvernance, je la retrouve, ma belle Bruxelles, mon melting pot, ses restaurants, ses monuments, ses places, ses cafés et dedans ses bruxellois, les vrais, les faux, les anciens et les nouveaux. Et je sens que je l’aime comme au premier jour, lorsque je l’ai vu, ce jour, dans un hôpital d’Ixelles. img_1209Aimer un homme, aimer une femme, c’est un peu comme aimer une ville. C’est vivre des nuits plus belles que les jours et vivre des jours qui ne cèdent rien à la nuit. C’est l’aimer très fort, lui parler, le toucher, le parcourir et malgré les années, continuer à le découvrir même si on connaît bien certains de ses quartiers. Cet Amour-là, lui non plus, il n’est pas à l’abri de la routine, de l’énervement et de l’amertume. De la mauvaise gestion aussi. Ce n’est pas uniquement de sa faute mais ce n’est pas que de la mienne.

Pourtant, quand on parvient à trouver un moment juste pour nous, au milieu des petits tracas du quotidien ou en plein dans la routine familiale, je le retrouve, mon Beau Gino, mon caméléon, son humeur qui sait être bonne, son appétit de tout, ses mains de pianiste, ses baskets vertes, ses chemises bleues et dedans, un coeur gros comme sa ville. avec laquelle il partage beaucoup de points communs, des défauts mais aussi de qualités. Et je sens que je l’aime comme au 3e jour, quand on a partagé un cornet de frites une après-midi de fête nationale.

Aimer Bruxelles, c’est comme aimer un bruxellois, c’est comme aimer une bruxelloise. Ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas inconditionnel mais le feu d’artifice en vaut toujours la chandelle.

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4 réflexions sur “Un amour Capitale

  1. Moi aussi, je l’aime, notre Bruxelles.
    Elle ne m’a peut-être pas vue naître, mais c’est au creux d’elle que j’ai grandi et que je m’y suis épanouie. J’entretiens avec elle une histoire d’amour qui me lie et me relie à elle. Encore et encore.
    Malgré les hauts et les bas.

    Quant à ce beau Gino, quel veinard, cet homme là… Nombreux sont ceux qui aimeraient recevoir une si jolie déclaration.

    Des bises, ma Ginette!

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