Un coeur serré

Une image.

Cette image. Vous savez.

Terrible, difficile, et plus complexe qu’il n’y paraît. Comme la situation qu’elle illustre et qui ne cesse d’agiter nos réseaux sociaux, nos journaux télé ou papiers, qui nous bouscule, qui pose des questions fondamentales sur le monde dans lequel nous vivons. Dans lequel nous voulons vivre.

Depuis plusieurs semaines, mon coeur se serre mais il y a quelques jours, il a bien failli imploser. Parce que mon Petit Snottneus aura bientôt 3 ans, parce qu’il a les cheveux bruns, parce qu’il dort parfois le visage contre l’oreiller, son petit pet en l’air et ses mains le long du corps. Parce que loin des débats politiques, des récupérations sensationnalistes, de ce qu’il faudrait dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire, écrire ou ne pas écrire : des enfants, des femmes et des hommes craignent, fuient, souffrent d’une manière spectaculairement paradoxale avec le confort de nos vies quotidiennes.

Depuis quelques jours, tout me semble futile. Les recettes, les bricolages, les brols qu’on trouve par ici d’habitude. L’inspiration me manque, les mots restent bloqués au bout de mes doigts. Tout me semble vain. Tout. Sauf le serrer dans mes bras, le respirer,  l’entendre rire, le regarder grandir,  chérir ma chance. A chaque instant. Je ne peux faire que ça. Le reste attendra.

Évidemment, littéralement, je ne fais pas que ça. Le boulot, les tâches ménagères, la rentrée des classes et puis un week-end d’anniversaire ponctué de gâteaux, de ballons et de camions  pompiers qui font pin-pon-pin-pon quand on appuie sur un bouton (ou quand se prend les pieds dedans). Des moments doux, en famille, la petite et la grande. Ca délasse les coeurs crispés.

Depuis toujours, en tout temps et à tous les endroits de la Terre, quand les coeurs ont mal,  quand les coeurs ont froid, il y a des bras qui s’ouvrent,  des coudes qui se serrent, des breuvages qui coulent, des mains qui se tendent, des mots qui s’échangent, des camps qui se dressent dans l’humidité, une solidarité qui s’organise et une chaleur qui se propage, impalpable mais bien réelle,  dans les bourrasques de l’actualité, qu’elles soient géopolitiques ou naturelles, et dans les tempêtes de la méchanceté gratuite, qui elle, n’est alimentée que par l’ignorance et la peur.

Aujourd’hui encore et demain sûrement. Dans un parc à Bruxelles, comme dans d’autres villes européennes, c’est la bienveillance qui a gagné. Et avec elle, l’humanité qui lutte pour ne pas, pour ne plus échouer. Quand je lis, quand je vois, quand j’entend tout ça, mon coeur est toujours serré. Mais il est aussi réchauffé.

C’est la chaleur humaine.

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