Un souvenir

Les dates. Les codes. Les détails.

Je me souviens de tout. Parfois je confond l’ordre des chiffres mais en général, les petits évènements et les détails insignifiants restent gravés dans ma mémoire. La couleur de sa chemise le soir de notre premier bisou, le prénom de la mère de Dylan MacKay dans Beverly Hills, la plaque de ma première – et inégalée –  voiture, le code bancaire de ma mère, mon numéro de registre national, la date de naissance de tous mes amis et parfois même, de leurs amis, la date du jour où on a visité notre appartement, la tête et le nom de la dame de l’agence (Marguerite, ça ne s’invente pas), le nom de famille de Kelly dans Sauvés par le gong * .

En bonne rancunière, je me souviens des disputes, des frustrations, des mots qui blessent. Je pardonne tout, absolument tout. Mais je n’oublie pas. J’en oublie des choses. Tout le temps, tous les jours. En bonne distraite.

Mais je me souviens des petits détails, des moments, des endroits, des odeurs, des sensations, celles qui se logent au fond des tripes. Je me souviens, quand j’ai su, seule dans une toilette avec une tige en plastic dans mes mains. Je me souviens quand j’ai senti, la première fois, derangée en pleine lecture d’un article sur le centenaire du naufrage du Titanic. Et chaque année, la période de janvier à septembre est ponctuée de ces tout petits souvenirs, qui m’arrachent un sourire vague alors que je suis occupée à autre chose. En bonne émotive.

Je me souviens aussi de ces premiers jours de mars 2012, de ce voyage d’affaires imprévu et impondérable, de cette première échographie où je me suis rendue sans lui … de ces deux jours où j’ai été la seule à savoir, prétextant que le foetus était mal positionné.

De ce samedi matin, aux arrivées de l’aéroport de Zaventem. Bien cachée dans la foule, quand je l’ai aperçu, je me suis contentée de lever mes bras, avec dans mes mains, le plus beau caliquot qu’il m’ait été donné d’écrire. Il l’a vu de loin et il a su immédiatement.

Depuis cette date, un petit garçon fait partie de notre vie et dans sa chambre, un vieux bout de carton griffoné à la hâte est devenu un objet déco, souvenir d’un joli moment d’émotion.

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*

mauve – Iris – JWW 169 – censuré – censuré – trop long – 11 juin 2009 – Kapowski 🙂

12 réflexions sur “Un souvenir

  1. J’adore 🙂 (par contre, comme moi perso je suis vraiment pas douée pour retenir les chiffres, est-ce que je peux te fournir une petite liste de codes et de dates à retenir pour moi 😉 en échange, je te fournis l’intégrale de Sauvés par le gong)

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