Une page – pas si – blanche

Le temps de l’écriture.

J’ai réfléchi. J’ai investigué. J’ai rencontré des hommes et des femmes. Beaucoup de femmes, qui, comme moi ont décidé de se mettre à la recherche de leur bonheur professionnel. Ou qui l’ont déjà trouvé et apprivoisé. Car le bonheur professionnel n’est pas une chose aisée à trouver et encore moins à construire. Certes, il s’imagine, il se rêve mais pour qu’il devienne réalité, il faut le bâtir de nos blanches mains, manches retroussées et incertitudes neutralisées. Ou presque.

Concrètement, de quoi s’agit-il ?

Pas de briques ni de ciment mais des pages virtuelles et un clavier. Beaucoup de post-it, quelques feuilles volantes, des brochures et des séances d’informations. Comme le slow food, ça mitonne de longues heures durant, un Business Plan. Ou un plan d’affaires, c’est selon.

Des heures qui deviennent des jours puis des semaines, au gré des rencontres et des estimations, des prévisions à la grosse ou à la petite louche. Bientôt, cela fera 6 mois que je me suis lancée à la recherche de ce que je pensais n’avoir jamais trouvé : une activité épanouissante, me permettant d’assouvir mes besoins créatifs et sociaux, qui ne me fasse pas regretter d’avoir déposé le Petit Snottneus à la crèche et nourrisse aussi mon compte en banque.

6 mois ça commence à faire long. C’est un semestre, une présidence de l’Union européenne, un séjour Erasmus. C’est presque 3 saisons et la moitié d’une année civile pendant laquelle  j’ai fait beaucoup et peu de choses en même temps.

Certes, le temps je l’ai pris pour :

– Me doucher à 10h du matin en semaine et faire mes courses pour remplir le frigo en pleine après-midi, quand il n’y a pas de file au supermarché

– Tous les matins, parcourir le chemin entre l’appartement et la crèche (446 mètres selon Google Map) en 20 minutes, parfois plus. Le temps d’observer les camions, les trams, les dames avec leurs chiens. Le temps de dire au revoir, de faire des bisous, d’essuyer quelques larmes sans avoir l’oeil rivé sur l’arrêt de tram. Et finalement, regarder, ce tram 92, qui part vers le Centre-Ville. Sans moi et sans regrets.

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– Ne pas stresser  quand, à 6h58  le thermomètre indique 39,3°C pendant qu’une machine à laver tourne avec des draps tout sales. Ne pas s’engueuler avec le Beau Gino pour savoir qui restera pour garder le Petit Vomito Snottneus, privé de crèche et assigné chez le pédiatre à 14h45 in « Télétravail No Way« , un super film que j’ai déjà vu plein de fois.

– Un peu râler quand même parce que je ne suis pas la jeune fille au paire ni la bonniche de service et qu’accessoirement, j’ai un business plan à rédiger

Mais je ne suis pas à plaindre car j’ai aussi pris du temps pour m’octroyer des petits luxes +/ avouables :

– Prendre mon petit déjeuner en terrasse en observant les gens qui sont en retard au boulot

– Prendre mon déjeuner en terrasse et se dire qu’il y a quand même beaucoup de rentiers dans le quartier. Peut-être sont-ils eux aussi à la recherche de leur bonheur professionnel ?

Regarder les vieux épisodes de Bervely Hills 90210 rediffusés sur AB3 à 16h15, avec un bol de crackers japonais.

– Lire le journal, en version papier, de la première à la dernière page, y compris la section Sportsphoto

Bref … certains pourraient se dire que je me la coule douce. Ils n’auraient pas tout à fait tort.

Pas tout à fait car j’ai aussi été occupée à différentes choses telles que :

– Assister à de nombreuses réunions, formations et autres sessions durant lesquelles j’ai rencontré des personnes aussi formidables qu’inspirantes, qui partagent leurs savoirs et leurs expériences de manière désintéressée

– Rêver et construire un projet, qui au fil des semaines, à démontré ses limites ou plutôt les miennes celles de mon compte épargne et de mon potentiel séduction auprès des banques

– Sauvegarder les bases et sans changer mon fusil d’épaule, ajuster le tir vers un autre projet similaire mais plus réaliste.

– Tout en gardant le cap… Celui du Bonheur Professionnel, une petite île sur laquelle je n’ai jamais été. Même si saisies de crampes, il m’est arrivé de faire la planche en me laissant voguer au gré des vagues.

– Laisser libre cours à la Belleginettude qui m’anime. Certes, ça prend du temps, de réaliser, cuisiner, photographier, retoucher (bin oui), écrire, corriger et puis promouvoir. Tout ça pour quoi ? Pour partager. Tout simplement. Avec des lecteurs, d’autres blogueurs et même sur un CV, annexé à un business plan. Parce que je maîtrise presque WordPress et Facebook. Parcontre Twitter, je rame encore un peu. Belle Ginette, c’est donc beaucoup de plaisir et petit à petit, des nouvelles compétences.

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BREF …

 La première partie de 2014 fut donc  chargée. Car en cherchant mon bonheur professionnel, j’en ai trouvé bien d’autres le long du chemin. Mon business plan n’est pas fini, c’est vrai mais quand je pose le regard sur ces derniers mois qui viennent de s’écouler, je me dis que la page n’est pas si blanche, que du contraire. J’ai la sensation d’avoir appris plus en 6 mois qu’en 5 ans de vie professionnelle et ce, dans une multitude de secteurs différents : création d’entreprise, différence entre SPRL et statut d’indépendant, normes légales, urbanistiques, concurrence, applications I-phone, psychologie enfantine et masculine, plateformes de réseaux sociaux, blogging, réseautage (ou networking pour les cools), techniques de vente, relations de bon voisinage, gestion du temps …

Alors peut-être que ce projet de bonheur professionnel ne verra pas le jour, peut-être qu’il se cassera la figure après quelques temps. Peut-être que. Peut-être pas comme le chantait ce bon vieux Jean-Jacques Goldman.

Ce qui bénéficie de toute ma certitude, c’est que ces mois n’ont pas été vains. Ils ont été riches de tout ce qu’on ne sait pas mettre sur un compte en banque.  C’est tout le contraire que j’espère constater à la fin de l’année, sans pour autant avoir perdu le reste : le Petit Snottneus & le Beau Gino, les bisous & les bisous prout, la famille & les amis, le bonheur professionnel &  Belle Ginette.

Ce serait cela, le véritable échec.

2 réflexions sur “Une page – pas si – blanche

  1. Elle est effectivement bien loin d’être blanche, ta page!
    Et c’est toujours un réel plaisir de te lire, même si c’est en mangeant une vieille tartine devant mon écran au lieu de profiter d’une terrasse ensoleillée avec nos voisins rentiers 😉

  2. Si un jour tu veux faire un petit passage du côté obscur de la force et venir partager un lunch en terrasse avec moi, tu sais où me trouver 😉 (et j’en connais une qui serait aussi intéressée d’ailleurs 🙂 )

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