Du cabillaud tout doux

C’est mon poisson Grand-Mère.

Grand-Mère : un mot pour dire douceur, réconfort, enfance, insouciance et bonne nourriture saine qui remplume les jambes maigrelettes de petits oisillons tombés du nid. L’industrie agro-alimentaire ne s’y est pas trompée, la référence grand-maternelle est l’emblème de plusieurs produits qui ne sont pas du genre pili-pili, fromage qui fouette ou ou moutarde qui pique. Non, plutôt doux, sucré, calorique aussi. Parce que les grands-mères s’inquiètent toujours que leurs petits enfants soient bien nourris, en suffisance et avec des produits sains. Ce qui a sans doute le don d’énerver les mèresIMG_0869

Ces Grand-Mères d’avant, qui se faisaient encore appeler Mamie ou Bonne Maman, dans un conformisme assumé, bien avant les Mamido, Mamidou, Mimi et autre Dadou qu’on entend actuellement dans les plaines de jeux, à l’égard de femmes d’un âge mûr certes, mais bien loin de l’image que l’on se fait d’une Grand-Mère au sens traditionnel du terme.  Ces Grands- Mères avec des cheveux courts et une mise en plis ou avec des cheveux longs qu’on ne voyait qu’en chignons, au style vestimentaire suranné et aux mains fripées mais douces.

Ma Grand-Mère était de celles-là. Une vraie Bonne Maman, un tablier noué autour d’elle quasi en permanence, adepte de la bonne cuisine au beurre, qui ne nous refusait aucune douceur tout en nous inculquant les préceptes de la vie en société. Toujours dire merci, ne pas mettre les doigts dans son nez, ne jamais lécher son couteau. Encore maintenant, quand je m’adonne à ce tout petit plaisir en terminant une bonne assiette, je pense à elle. C’est dans ces petits moments du quotidien qu’on retrouve ceux qui nous ont quittés.

Aujourd’hui, elle aurait eu 88 ans. Et comme elle n’a jamais manqué aucun de mes anniversaires, j’ai eu envie de lui rendre la pareille en préparant au Petit Snottneus un plat qu’elle nous faisait régulièrement et qu’on ne trouvait que chez elle : du cabillaud avec des oeufs durs et du beurre fondu. Il faut dire qu’en matière de remplumage, on était servis. Avec des bons produits : du poisson frais acheté chez le poissonnier et du beurre danois, qu’elle stockait toujours en quantité astronomique, comme si une troisième guerre mondiale était sur le point d’éclater. Du beurre danois ? Oui, car ma Grand-Mère, c’était une viking, une grande et belle danoise qui a suivi son amour Liégeois pour s’installer à Bruxelles au tout début des années 50′.

Alors concrètement, comment ça se passe ?

C’est une recette assez facile mais il est important de réunir de bons ingrédients, à commencer par le poisson. Rendez-vous donc chez le poissonnier pour lui demander un beau filet de cabillaud. Et par personne, il vous faudra :

1 oeuf

– 30 gr de beurre (danois, si vous en trouvez dans les rayons du supermarché 😉

– 2 petites pommes de terresIMG_0861

La version originale de cette recette ne comporte pas de légumes, car on commençait toujours les repas chez ma Grand-Mère par un bol de soupe. De la soupe rouge (aux tomates) car à l’époque, je mettais un point d’honneur à ne manger aucun aliment de couleur verte. Question de principe. Dans la version actuelle et pour le petit Snottneus, j’ai prévu des carottes cuites à la vapeur. Parce que bon, quand même, 5 fruits & légumes par jour, toussa toussa quoi.

1. Première étape : après avoir pelé les patates, faites les cuir, entières,  à l’eau salée  (une quinzaine de minutes dans l’eau bouillante, ça dépend de la taille de vos énergumènes). Dans la même eau, vous pouvez faire cuire l’oeuf pour le durcir (10 minutes dans l’eau bouillante).

2. Conservez les patates au chaud dans un plat fermé, et faites cuire le poisson. Soit au four, soit au à l’eau. En fonction de la taille de votre morceau, comptez plus ou moins 10 minutes. Pendant cette cuisson, pelez l’oeuf dur et écrasez-le à la fourchette.IMG_0862

3. Dans un petit caquelon, faites fondre le beurre à feu doux en veillant à ne pas le brûler. Quand il est entièrement fondu, réservez-le dans un petit bol.

4. Disposez le tout dans une assiette, avec les éventuels légumes et assaisonnez avec sel & poivre selon votre goût. Ajoutez le beurre avant de servir.

Et voilà le résultat :IMG_0863

C’est très simple, mais c’est très bon et surtout, c’est tout doux. Si ma Grand-Mère lisait cet article, elle me dirait sûrement que j’ai oublié de mentionner le persil haché sur les pommes de terre. Mais alors je lui rappellerais qu’à l’époque où elle nous préparait ce plat, je ne mangeais aucun aliment vert. Et je lui dirais aussi que je l’aime très fort et qu’elle a été la meilleure des Grands-Mères, ma Bonne Maman.

4 réflexions sur “Du cabillaud tout doux

  1. Vive nos Bonnes Mamans, leurs recettes de grands-mères qui réchauffaient le coeur et les doux souvenirs qu’elles nous ont laissés.
    🙂
    Cette année, la mienne aurait eu 90 ans. Et je pense à elle tous les jours.

  2. Merci Belle Ginette pour cet article autant appétissant qu’ émouvant. Un gros smack a toutes les mamies, et spéciale dédicace à la mienne qui s’apprête a fêter ses 100 ans!!!

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