Trouver son bonheur, au sens propre

Demain matin.

Ce sera la rentrée. La rentrée des classes et le retour au boulot pour beaucoup d’entre nous. De cet entre-nous, je suis sortie donc ce sera le retour au boulot pour beaucoup d‘entre-vous.

Demain matin, je ne vais pas essayer de me lever 45 minutes avant le petit Snottneus, pour être prête avant lui. Je ne vais pas râler parce qu’il s’est réveillé 5 minutes avant mon réveil. D’ailleurs, je pense même que je ne vais pas mettre de réveil.

Demain matin, je ne vais pas me dépêcher de m’habiller, de l’habiller et de conseiller le Beau Gino sur la couleur du pull qu’il devrait mettre, tout en comptant les doses de lait à mettre dans le biberon, et en appuyant sur le bouton start de la machine à laver simultanément avec celui de la machine à café. Je ne vais pas remplir mon sac de tout ce dont j’ai besoin pour tenir la journée : abonnement de tram; badge du bureau, lecture pour le tram, factures à payer (et digipass, très important, le digipass), lunch pour midi, histoire de pas aller se ruiner tous les jours chez Exki. Diététique, le lunch parce qu’en janvier on fait toujours attention à sa ligne. Et étanche aussi le lunch, parce que des pâtes aux courgettes partout dans son sac, c’est pas le top pour commencer la semaine.

Demain, je ne vais pas courir après mon tram, après mes dossiers,après la reconnaissance de ma hiérarchie, après mon caddie de courses, après la poussette, sans oublier la protection pluie, après les rendez-vous chez le pédiatre … Ni demain, ni les autres jours.

Demain matin, après avoir conduit le petit Snottneus à la crèche, je serai seule face à moi-même. Et ce moi-même,  quel est-il ? Qu’est-ce que je veux, qu’est-ce que je vaux, qu’est-ce que je peux, qu’est-ce que je dois ? Quatre questions qu’il est facile d’énoncer, un peu moins de résoudre.

Pourtant, ça a été relativement facile, en septembre, de briser la routine et d’amorcer un changement de vie. Il aura fallu patienter 3 mois et aujourd’hui, on y est. Mais c’est un peu moins facile, maintenant, face au vide. Le vide professionnel et bientôt, le vide du compte en banque.

Il faudra apprendre à dépenser moins, à budgétiser, à dire non aux invitations au resto ou aux brunchs. Il faudra vivre une vie moins matérialiste, il faudra faire des économies de bouts de ficelles. Et finalement, ce n’est pas plus mal.

Car de courir, je n’arrêterai pas. Mais, en 2014, j’ai décidé de courir après mon bonheur, que j’ai mis entre parenthèses, de 8h à 18h, 5 jours sur 7 pendant près de 5 ans. J’ai décidé de reculer pour mieux sauter et de trouver une activité professionnelle dans laquelle je m’épanouis presque autant que lorsque je suis avec mon Beau Gino et mon petit Snottneus (ou avec mes copines à l’apéro).  J’ai décidé d’aimer ce que je fais et pour ça, de faire ce que j’aime. Même si c’est moins chic sur une carte de visite ou une signature d’e-mail. Même s’il n’y aura probablement pas de 13e mois, ou de prime de fin d’année. Pas de congés payés, ni absences maladie. Pas de prestige, du moins au début.

Et pourtant, j’en ai vu des films, lu des livres, entendu des chansons, des histoires ou même des discours qui font l’apologie de l’épanouissement personnel au détriment de la culture d’entreprise, des attentes parentales et surtout sociétales. Parce que quand on est universitaire, bac +8 comme disent nos voisins français, il est attendu qu’on s’épanouisse dans une belle position. Belle, dans ce contexte, ça veut dire : une position qui claque, qui fait envie, qui en jette et qui ramène des sous. Si possible beaucoup de sous.  Après, est-ce que le bac+8 est vraiment heureux de se lever le matin pour aller s’asseoir dans sa belle position …ça c’est moins important.

Alors comme dans les films, les livres, les chansons, les histoires,  j’ai décidé de faire l’apologie de mon épanouissement personnel, au détriment du service public, des belles études payées par mes parents, soucieux mais néanmoins compréhensifs, au détriment aussi de ma signature mail, dans laquelle j’ai troqué mon titre de fonction par l’adresse de ce blog et au détriment de mon pouvoir d’achat, qui va prendre une bonne raclée.

Maintenant, il faut expérimenter, se renseigner, structurer, évaluer, travailler plus certes, mais travailler autrement. Je serai sûrement bien entourée,  bien conseillée, bien encouragée, quoique parfois challengée. Tout ça pour quoi ?

Pour trouver MA recette du bonheur professionnel. Une recette un peu plus compliquée que celle du stoemp-saucisse mais certainement tout aussi délicieuse.

20140105-144546.jpg
Un message incivique et un peu déprimant corrigé par un optimiste qui aime les coeurs. Ca ne vient pas de Pinterest ou autre google image mais de la rue Vanderkindere à Uccle, près du croisement avec la rue Edith Cavell.

Bonne rentrée, bon bonheur pour ceux qui l’ont trouvé et bonne recherche pour les autres 🙂

28 réflexions sur “Trouver son bonheur, au sens propre

  1. Magnifique texte, BelleGinette…

    Je suis très heureux pour toi, ta famille et surtout ton ket !

    J’essaye également d’accomplir ce chemin, c’est long et difficile – attention, paf, lamétaphore pourrie! – mais on se croirait un peu dans les vieux jeux de Mario : la route est semée de récompenses entre les pièges. Et comme Mario, de belles récompenses, qui te font aller vite parfois :p

    Tu as déjà fait un gros travail, à mort les chiffres, les digipass et vive NOUS et VOUS!

  2. Ma question serait la suivante: pourquoi avoir mis de côté cette recherche de l’épanouissement personnel pendant 5 ans ?

    Qu’on soit bac+8 ou pas, qu’on travaille pour le bien public ou pas, qu’on soit célibataire ou marié, avec ou sans enfant… rien n’empêche la recherche du bonheur personnel…si ce n’est une société formatée, une éducation (trop) cadrée, une recherche superficielle de ce que les autres attendent de nous (ou ce que l’on croit que les autres attendent de nous) des barrières placées volontairement ou pas par nous-mêmes…

    Alors qu’il est plus jouissif d’être simplement soi-même… De profiter à fonds de chaque instant de notre vie, jour et nuit, entre amis ou en famille… en cassant les murs, en brisant les bulles de verre qui nous empêchent d’explorer le monde à notre guise…

    J’espère que ce nouvel envol personnel (et professionnel) t’apportera cette opportunité d’épanouissement personnel, de recherche du bonheur sans que celui-ci ne soit une boucle sans fin mais un moyen simple de vivre tout simplement heureuse…

    Carpe diem… Noctemque…

    1. Merci ! Des questions, il y en aura encore beaucoup à se poser et tant mieux, je pense aussi que parfois, ce qui empêche l’épanouissement personnel, c’est soi-même et les oeillères que l’on peut se mettre 😉

  3. Je te souhaite beaucoup de succès dans ta nouvelle voie. Que celle-ci soit riche et épanouissante.

  4. Mais dans quelle belle aventure vous vous lancez là! Tous mes vœux vous accompagnent dans cette fabuleuse entreprise. L’authenticité de votre texte laisse penser que ça va marcher!

  5. Bravo pour cette réflexion et bravo d’avoir le courage de faire ce que beaucoup aimeraient faire, mais n’osent pas… Je te souhaite de trouver ton bonheur! On sera là pour te soutenir!

  6. Et bien décidément, 2014 c’est l’année du changement. Ici aussi après des mois à combiner vie privée de femme et de mère et vie professionnelle, j’ai réalisé que tout ceci ne me convenait pas / plus. Il se trouve que l’année 2013 m’a permis de me poser une série de questions et la principale était : à quoi j’aspire? Des bribes de réponses, des petits bouts d’idées, de longues discussions, recherches, lectures et surtout dresser une liste de ce que qui ne me convenait pas. Mon mari est dans le même état d’esprit et le projet de reconversion est donc devenu commun. On a déjà adapté une série de choses, sur le plan alimentaire (non je ne mange pas des graines germées ou du tofu 😮 ) et surtout d’un point de vue « consommation ». D’ici quelques jours, on part en vacances dans un pays qu’on chérit et les vacances auront aussi pour but de décider si notre projet est réalisable/faisable/concrétisable là bas. Là bas c’est 8H d’avion depuis la Belgique, du soleil (et des moustiques beurk!), un continent peu prisé, mais un pays en plein boom où tout, ou presque, est à faire. C’est offrir à Monchichi l’enfance que j’ai connue, une enfance plus simple matériellement, mais tellement plus riche humainement, c’est lui ouvrir des horizons nouveaux, c’est lui offrir du temps et pas une course après celui-ci. Et après ces 3 semaines, nous lancerons la machine administrative/logistique ici et les grandes décisions: démission ou pause carrière? louer notre appart ou le vendre? se séparer de nos meubles ou les emmener?etc. J’en tremble mais dans un sens positif, je suis fébrile. Je suis heureuse de faire partie d’une génération qui a décidé qu’il fallait « mieux » travailler, pour vivre mieux, qu’il fallait aimer ce qu’on le fait pour ne pas se sentir mal de se lever et travailler. Autour de nous, un ami ingénieur a démissionné pour travailler le bois et devenir ébéniste, une amie cadre dans une boîte d’assurances a pris un an de pause carrière pour partir avec son sac à dos et son mari voir le monde, une amie jeune maman a choisi de gagner moins avec un mi-temps pour passer plus de temps avec son enfant.

    1. Ah bin dis donc … encore un point commun, quoique moi, je reste dans ma bruxelles adorée. J’espère que ton projet pourra se concrétiser et qu’on pourra suivre tes aventures sur ton blog 😉

  7. Bienvenue au club!!! Je te souhaite beaucoup de bonheur dans cette recherche, mais le bonheur c’est déjà le fait que tu t’octroies le droit d’y penser, de risquer et que tu te refuses à subir encore…. C’est déjà un bien beau cadeau que tu te fais… Je viens de m’offrir le même et même si je ne suis pas encore (mais presque ) à la phase challenge, rien que de se permettre de le penser et passer à l’acte, ça fait un bien fou…. Après , quoi qu’il arrive, on se sera permis de rêver et de tenter de le vivre ce rêve…
    Bonne route, de tout cœur…

    1. Oui, tu as bien raison … l’important c’est d’avoir essayé et même si ça ne marche pas, ou pas exactement comme on l’aurait voulu, au moins on a pas de regret. Bon courage et tout mes voeux de succès à toi aussi 🙂

  8. Magnifique texte! Tu as la plume, mais aussi le coeur! Je te souhaite plein de belles choses pour cette nouvelle année/vie…

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