Beaucoup de visages, un coup d’émotion

Ce n’était pas au programme.

Le programme, c’était du sommeil, des petits déjeuners de roi, des dîners de présidents, des jeux, des rires, des balades en forêt, puisqu’on pensait qu’il n’y avait que ça à faire. Et ce n’était pas pour me déplaire.

Lire, mais pas réfléchir, manger mais pas uniquement pour se nourrir, se reposer sans décompter les heures avant de se lever. En un mot : déconnecter.

Et puis en haut d’une coline, une grande bâtisse blanche, une sorte de forteresse … Eux l’appellent  Château. Ce qui est certain, c’est qu’à l’intérieur, il y a un trésor. Pas des pièces, sonnantes et trébuchantes, ni des pierres précieuses mais des visages, des rires, des pleurs, des yeux appeurés, des yeux attendris, des yeux inquiets ou curieux, des yeux sans vie. Il y a des peaux, des peaux lisses ou frippées, des peaux noires, blanches, brunes, café au lait, chocolat chaud, soupe aux tomates … toutes les nuances de peaux. Il y a des mains, des mains qui se serrent, qui se tendent. Des mains qui frappent, qui construisent et qui détruisent, des mains qui caressent et qui étreignent.

(c) The Family of Man - Edward Steichen
(c) The Family of Man – Edward Steichen

Il y a la vie et la mort, la joie et la tristesse, le travail, le sommeil. Il y a l’amour, l’amitité et la haine … l’indifférence aussi. Il y a les mères et les pères, leurs mères et leurs pères. Il y a des tout jeunes, des jeunes et des moins jeunes enfants, des êtres humains qui sont tous, un jour, sorti du ventre de leur mère. Vulnérables et pleins d’espoirs.

(c) The Family of Man - Edward Steichen
(c) The Family of Man – Edward Steichen

C’est une famille dont la vie est faite de peurs et de joies, de labeur et d’ivresse, dont les membres ont souvent oublié ce qui les reliaient entre eux : leur humanité.

Pendant un moment, on a donc arrêté de manger, de dormir et de rire. On s’est tû, le temps de parcourir cette magnifique exposition, qui réunit des centaines de photographies autour de thèmes centraux tels que la naissance, le travail, l’amour, la découverte, le deuil … On s’est laissés envahir par les images, sans légendes, sans explications. Par ce message sans lettres ni décibels, qui dit d’abord cette chose : nous sommes tous humains.

(c) The Family of Man - Edward Steichen
(c) The Family of Man – Edward Steichen
(c) The Family of Man - Edward Steichen
(c) The Family of Man – Edward Steichen
(c) The Family of Man - Edward Steichen
(c) The Family of Man – Edward Steichen

Et puis à la fin du parcours, on pousse une lourde porte et on replonge dans la froide humidité d’un weekend de novembre, on poursuit la promenade, on chante, on essuie les snottes d’un petit nez et on se réjouit d’être ensemble.

Si vous passez pas loin de Clervaux, au Grand-Duché de Luxembourg, allez voir The Family of Man, une exposition créée par Edward Steichen, au début des années 50 pour le fameux MOMA de New York. Un regard multiple bien qu’un peu surrané sur le genre humain.

Toutes les infos pratiques ici

L’exposition a fait l’objet d’un livre, réédité en 1996 … une chouette idée cadeau pour les fans de photos et/ou les fans des gens. On le trouve sur Amazon ou en commande dans les libraires de quartier.

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